La chapelle de Caux : Histoire du lieu

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Dès la fin du XIXe siècle, qui vit la création de la station de Caux, les chapelains anglicans montaient de Territet célébrer le culte dans les hôtels Regina et Caux Palace.
Vu la présence importante de clientèle britannique et américaine, la «Société de Londres pour la propagation de l’Evangile en pays étrangers» décide de construire une chapelle pour deux cents fidèles sur un terrain mis à sa disposition par la Société immobilière de Caux, propriétaire du Palace.

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Construit en 1905, l’édifice est inauguré en février 1906. La Chapelle se nomme «Saint Michael and all angels», ce qui explique le thème général des vitraux: les interventions des anges dans l’Ancien Testament d’un côté, dans les Evangiles de l’autre. Ces «icônes de verre» ont été créées à Londres. Ils forment un ensemble rare en Suisse, selon le maître verrier Jean Prahin qui les restaura avec passion en 1992.

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Durant la Première Guerre Mondiale, la chapelle reste inemployée. Par la suite, les fidèles se faisant rares, elle est fermée et se dégrade. En 1944, ses propriétaires britanniques la remettent à la paroisse évangélique réformée de Montreux avec une seule exigence : pouvoir y célébrer le culte anglican sur demande. Les paroissiens de la chapelle protestante des Avants prélèvent alors, en accord avec l’autorité, plusieurs parties du retable, les anges de la nef et quelques objets de bois afin de les épargner.

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Après-guerre, une société est créée pour remettre les lieux en état et veiller à l’entretien du bâtiment. Elle est encouragée par le Réarmement moral qui s’installe dans l’ancien Caux Palace dès 1948. En 1949, le secrétaire général de l’ancienne congrégation propriétaire note : «L’église est en parfait état, utilisée régulièrement. C’est tout simplement la plus magnifique des églises anglaises que j’aie visitées». Une fois la chapelle remise en état, les objets des Avants seront restitués, sauf deux anges conservés en signe d’amitié des communautés.

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La grande verrière de la nef - en tryptique - représente l’échelle de Jacob. Ses décors végétaux sont particulièrement remarquables.

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C'est l’entreprise De Wispelaere, de Bruges, qui a créé le spectaculaire retable et l’autel entièrement sculptés dans le buis. La Cène, située sous la crucifixion, est magnifique de réalisme, comme d’autres épisodes des évangiles, de chaque côté.

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Lorsque deux personnages, un joueur de dés et le cavalier, furent volés, Jacques De Wispelaere, dernier de la lignée, accepta de les reproduire à l’identique. En effet, l'entreprise a conservé jusqu'à sa fermeture à la fin des années 1990 les originaux en plâtre des personnages de la scène de crucifixion.

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Aujourd'hui, la chapelle reste un lieu de méditation et de prière. Son acoustique particulièrement adaptée à la musique de chambre en fait également un lieu de concert très apprécié.